Complicité, fous rires et plaisirs du terroir à gogo

«Une journée sans rire est une journée de perdue» «L’un des meilleurs GastroForums auxquels j’ai assisté!» «Je sais déjà que je reviendrai l’année prochaine!» Les participantes du dernier GastroForum semblaient emballées au terme de cet événement annuel réservé aux femmes actives dans la branche. Mission accomplie pour les organisateurs, Philipp Wach et Daniel Vouillamoz. Selon eux, l’une des raisons de ce succès est à chercher du côté des thèmes abordés lors des ateliers. «Cette année, le programme accordait davantage de place au développement personnel qu’aux préoccupations d’ordre professionnel, rappelle Philipp Wach. Les dames ont aussi estimé qu’il y avait un bon équilibre entre les parties formatives et les activités récréatives. Et il faut dire qu’elles adorent sortir de leur quotidien.» Les deux responsables de la formation professionnelle de GastroSuisse se disent très satisfaits de cette 28e édition, quoique quelque peu fatigués. «Tout s’est déroulé comme prévu. Parfois, il a fallu être strict quant aux horaires du programme, mais les dames ont bien joué le jeu», sourit Philipp Wach.

«Une journée sans rire est une journée de perdue»

 Au-delà de la logistique impeccable et du cadre qui invitait au délassement – l’hôtel Beaulac est situé sur les rives du lac de Neuchâtel, face au port –, l’entente générale entre les participantes a été d’emblée au beau fixe. Chacune se réjouissait depuis des semaines de ce séjour pour soi, en dehors du temps et en compagnie de consoeurs qui sont devenues, au fil des forums, des copines. Restauratrices, cuisinières, hôtelières, actives dans le domaine de la boulangerie-pâtisserie ou encore au sein de groupes horlogers: toutes ces femmes ont des préoccupations similaires et se comprennent. Là, elles partageaient la même joie de se retrouver, de faire plus ample connaissance, et ont profité de chaque instant de ce séminaire.

«Une journée sans rire est une journée de perdue», disait Charlie Chaplin, comme on pouvait le lire sur le dépliant du GastroForum ’19. La devise du grand comique a été respectée puisque, durant ces trois jours, les blagues ont fusé et les rires n’ont cessé d’éclater. Les habituées ont fait en sorte d’intégrer les nouvelles, et la sauce a pris dès le premier soir. Cette effusion de bonne humeur a rallongé les soirées et, par la force des choses, raccourci les nuits...

Histoire, terroir et enquête policière

Côté programme, le comité organisateur – qui réunissait pour la deuxième année consécutive Marianne Rohrer, Caroline Juillerat, Laurence Veya, Karen Allemann et Philipp Wach –, a fait très fort. Dimanche, les joyeuses luronnes ont été accueillies par un apéritif et une initiation au blackjack, au Casino de Neuchâtel. Après la «traditionnelle fondue du premier soir», accompagnée de non-filtré, chacune a pu taquiner les machines à sous ou miser ses jetons. La chance a souri à certaines.

Les 31 participantes ont passé la journée du lundi au Val-de-Travers. C’est au sein de la Maison de l’absinthe, à Môtiers, que Maude Righi a donné des clés pour une meilleure prise de parole en public. Cette formatrice en communication a su mettre son auditoire à l’aise avec des exemples concrets et des anecdotes personnelles. Elle a rappelé les ingrédients de base indispensables à tout discours: la structure, la brièveté, la simplicité et la stimulation (capter son audience avec des variations de rythme ou de ton). Sans oublier de «rester soi-même » et de «sourire». Quelques restauratrices se sont ensuite essayé au dur exercice de se présenter face caméra, réveillant certaines émotions que l’on croyait enfouies, avant que leur prestation ne soit commentée par la salle, en toute bienveillance.

La passionnante visite guidée du musée a replongé les visiteurs à l’époque de la contrebande d’absinthe, interdite en Suisse dès 1908. L’apéritif dînatoire, une déclinaison de fée verte en sucré et salé, chaud et froid, arrosée de versions de ce breuvage plus ou moins alcoolisées, a été fort apprécié. Les méninges de ces dames ont ensuite été mises à rude épreuve: en plein coeur des Mines d’asphalte, un «cluedo» grandeur nature les a toutes fait se prendre au jeu et se muer en détectives pour découvrir qui a tué Monsieur MacAdam…

Un dîner de gala de haute voltige, et une fin tout en douceur

Les plaisirs de la gastronomie locale se sont décuplés lundi soir, à l’occasion du dîner de gala organisé en partenariat avec L’Académie Suisse du Bocuse d’Or. Pas moins de trois chefs membres de l'association se sont démenés pour réaliser un menu digne des tables étoilées: Frédéric Boucault, de l'Hôtel Beaulac, Beat Weibel, du Residenz au Lac à Bienne, et Ale Mordasini, du Relais Châteaux Krone à Regensberg. Chacun des cinq plats était parfaitement accompagné d'un vin des caves de Chambleau, à Colombier. Une soirée délicieuse.

Mardi, les participantes ont été séparées en deux groupes. La moitié d'entre elles ont commencé par l’atelier de Sandra Amodio, consacré à la confiance en soi. Des exercices pratiques, comme le jeu du miroir, se sont révélés émouvants pour quelques dames. L’autre groupe a débuté la journée avec Matthieu Spohn. Le photographe avait créé un studio photo dans lequel les participantes ont pu poser avec un objet qu’elles avaient dû apporter et qui les représente. Plusieurs d’entre elles avaient choisi un ustensile de cuisine, comme un rouleau à pâte, un fouet ou encore une râpe. Des mises en scène qui ont donné de beaux clichés reçus en souvenir.

Le GastroForum s’est terminé tout en douceur, aux anciennes usines de chocolat Suchard, mercredi. «Nous avons assisté à une présentation du patrimoine Suchard, mais avons aussi reçu des explications intéressantes sur l’origine du cacao et la fabrication du chocolat, explique Philipp Wach. Nous avons appris beaucoup de choses, notamment sur la culture des cacaoyers ainsi que sur la question de la durabilité. Nous avons même eu l’occasion de fabriquer notre propre plaque de chocolat! Une fois le mélange coulé dans le moule, chacun le décorait à sa guise, avec les ingrédients à disposition, comme des fruits, de la fleur de sel, des épices...» Encore un souvenir que la joyeuse troupe a pu ramener à la maison, en plus de tous ceux qui resteront gravés. Jusqu'à l'année prochaine.

A toutes fins utiles, le prochain GastroForum devrait se dérouler du dimanche 19 au mercredi 22 janvier 2020.

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