Fermeture dans les cantons romands: point de situation

Le 5 novembre, les présidents cantonaux de GastroSuisse se sont réunis en visioconférence afin notamment d’explorer les pistes quant aux démarches que la faîtière peut entreprendre pour solliciter des aides tant de la part des Cantons que de la Confédération. Le lendemain, les présidents des sections latines ont échangé dans le but d’élaborer une action commune, tous les cantons romands subissant désormais une fermeture complète de leurs établissements. Point de situation pour quatre cantons romands.

Valais

«Cette décision de fermer les établissements de restauration et les cafés est une bonne nouvelle parce que la plupart d’entre eux ne parvenaient à réaliser que 30 à 50% de leur chiffre d’affaires habituel», déclare André Roduit, président de GastroValais. En effet, les mesures anti-Covid qui avaient été décidées mi-octobre, comme l’obligation de consommer assis et la fermeture à 22h, empêchaient la rentabilité. Comment la section valaisanne de GastroSuisse envisage la fin de l’année? «On peut imaginer qu’une fermeture de trois semaines aura un effet positif sur la courbe des cas et nous permettra de réaliser une saison d’hiver correcte», répond son président, qui se veut optimiste.

De son côté, le Conseil d’Etat du Valais a annoncé sa décision d’allouer 20 millions de francs pour soutenir les secteurs économiques particulièrement touchés. Combien seront reversés à l’hôtellerie-restauration? «Les modalités de distribution seront connues dans les prochains jours, car cette somme doit encore être avalisée par le Grand Conseil, qui se réunit cette semaine, et la répartition de ces subventions doit elle aussi être déterminée.»

Pour la faîtière, la priorité est d’obtenir des aides de la part du canton, mais aussi de la part de la Confédération. «Les 20 millions alloués par le Conseil d’Etat valaisan, c’est une bonne démarche, mais je crains que cela ne suffise pas, et comme le Canton a fait un effort, il faut que la Confédération suive», estime André Roduit.

Quant aux membres valaisans, où doivent-ils mettre leurs forces à présent? «Il s’agit de se préserver et de ne pas tomber malade», sourit le président et membre du Conseil de GastroSuisse. «Plus concrètement, ceux qui en ont la possibilité doivent absolument exploiter le créneau de la vente à l’emporter.» Enfin, André Roduit ajoute que, dès mi-novembre, GastroValais va générer des bons cadeaux destinés aux entreprises qui souhaitent en offrir à leurs collaborateurs en guise de remplacement du souper de fin d’année.

Neuchâtel

Tout comme André Roduit, Caroline Juillerat estime que la fermeture des établissements neuchâtelois le 4 novembre dernier est une bonne nouvelle. «Les autorités ont enfin pris leurs responsabilités et nous octroient des aides, dont la forme reste encore à déterminer», indique la co-présidente de GastroNeuchâtel. Afin d’endiguer le virus, les autorités neuchâteloises ont proposé dans un premier temps de fixer l’heure de fermeture à 18h, ce qui n’était tout simplement pas envisageable pour les professionnels de la restauration. «Nous avons préféré une fermeture complète à une situation où il était impossible d’être rentables.» A Neuchâtel, on attend encore que le Conseil d’Etat se prononce quant aux subventions qu’il décidera d’attribuer. «Selon mes informations, nous devrions recevoir une aide sur les redevances ainsi qu’une prise en charge quant au délai d’attente des RHT», glisse Caroline Juillerat.

En attendant que la situation se clarifie, la co-présidente conseille aux membres de GastroNeuchâtel de «mettre à jour l’aspect administratif, demander les RHT, remplir les demandes pour toucher les APG et se diversifier, comme miser sur la vente à l’emporter». Ce dernier point est d’autant plus pertinent que la section présidée par Caroline Juillerat et Laurence Veya s’est battue pour obtenir un droit de vendre à l’emporter jusqu’à 20h30.

La patronne du bar La Boissonnerie conclut sur une note positive: «L’autorisation d’exploiter les terrasses a été prolongée pour l’hiver, ce qui va beaucoup aider les restaurateurs, pour autant qu’on puisse rouvrir en décembre. Nous sommes confiants que cela pourra être le cas!»

Fribourg

C’est un «appel de détresse» que Muriel Hauser, présidente de GastroFribourg, a lancé au Conseil d’Etat de son canton. Dans son courrier daté du 4 novembre, elle écrit notamment: «Nous vous demandons expressément et sur un ton alarmiste des actions concrètes permettant de sauver ce qui peut l’être encore du secteur de la restauration et de l’hôtellerie de notre canton. Nos attentes (…) sont simples et ne sauraient souffrir d’aucun retranchement, tant il est vrai que l’urgence est là et qu’une réponse tardive ou partiellement positive serait synonyme de catastrophe pour notre corporation.»

Après avoir rappelé que l’activité générée par la branche dans le canton représente un chiffre d’affaires annuel de quelque 800 millions de francs ainsi que plus de 12'000 emplois pour approximativement 1600 établissements, Muriel Hauser et le vice-président Hans Jungo ont formulé des demandes concrètes dans leur courrier. A commencer par l’octroi d’un montant de 6 millions de francs, sans condition, permettant d’assumer les charges de loyers ainsi qu’un montant supplémentaire de 3 millions de francs pour une participation aux frais fixes, pour ce mois de novembre, des cafés, restaurants et autres établissements du secteur.

Quant aux RHT, GastroFribourg demande un élargissement du cercle des ayants droit, la suppression du délai de préavis ou encore la suppression du jour de carence. Enfin, la section fribourgeoise a sollicité «une énergique intervention du Conseil d’Etat du canton de Fribourg auprès du Conseil fédéral, durant la période de consultation relative au projet d’ordonnance sur les cas de rigueur, dans le but d’obtenir un régime d’exception pour le secteur de la gastronomie et de l’hôtellerie.»

Vaud

Du côté de GastroVaud, on s’engage aussi «avec détermination pour que le Gouvernement complète le dispositif dans les meilleurs délais et délie sa bourse à hauteur des sacrifices imposés à la branche depuis des mois.» Dans un communiqué de presse daté du 5 novembre, Gilles Meystre estime que l’effort des autorités est «mineur», le flou «majeur» et que les mesures vaudoises sont une «provocation pour les employeurs».

«Compte tenu des besoins de la branche et des moyens du Canton, l’effort consenti de CHF 118 millions se révèle mineur, puisqu’il correspond à 1% seulement du budget annuel de l’Etat de Vaud!», s’offusque le président de GastroVaud et membre du Conseil de GastroSuisse. «A qui profiteront exactement les indemnités pour cas de rigueur et à quelle hauteur? Profiteront-elles exclusivement aux hôtels, clubs et discothèques (qui en ont naturellement besoin!), mais également aux autres acteurs de la branche lourdement impactés par les restrictions sanitaires successives, en particulier les traiteurs et les bars?», s’interroge Gilles Meystre. Selon la section vaudoise, de nouvelles mesures comblant les graves lacunes du dispositif actuel s’imposent, comme «une action résolue visant à soulager les charges fixes de la branche, en particulier les loyers et les charges sociales payées sur le 100% des salaires (alors que les RHT n’en couvrent que 80%)».

Et de conclure: «A cet égard, le bonus de 10% offert aux employés ne résout nullement le problème et ne permettra certainement pas d’éviter de nouveaux licenciements! Quant à l’invitation faite aux employeurs de combler les 10% restants, elle fait office de véritable provocation, au vu de la situation financière extrêmement fragile d’une majorité de restaurants.»

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