Ils ont changé de voie

Kafi Schnaps, Zurich: «L’ouverture du Kafi Schnaps, il y a dix ans, est le fruit d’heureux hasards», se souvient Jenny Seitz qui, avec deux collègues décorateurs et un expert en marketing, a pris pied dans l’hôtellerie-restauration.

«Je vois mon avenir dans la restauration»
Jenny Seitz

 La maison dans laquelle se trouve l’établissement appartient à la famille de deux des membres fondateurs et devait être rénovée. «Alors, nous avons pensé: allez, transformons-le en local de quartier, il n’y en a pas encore ici.» Avec le recul, Jenny Seitz se dit qu’ils ont peut-être agi de manière un peu naïve, en voulant tout apprendre sur le tas. «Heureusement qu’à l’époque notre concept a suscité beaucoup d’intérêt et que les clients qui affluaient nous pardonnaient nos erreurs de débutants.» Aujourd’hui, Jenny, qui, a depuis lors, suivi des modules du G1 et terminé avec succès

le G2, n’agirait certainement plus de la même manière. «Mais aujourd’hui, je choisirais encore de me lancer dans la restauration, car j’y vois mon avenir.» Jenny dit apprécier le fait de pouvoir participer à la construction d’un mini-empire, de prendre des responsabilités et d’avoir à assurer le succès de l’établissement.

 «Nous ne voulions pas nous lancer les yeux fermés»
Katrin Nägeli

Stef’s Kultur Bistro, Ostermundigen. Stefanie Affolter (lire GJ 2014/50) est aussi entrée dans la branche après un changement de cap. L’ancienne opticienne gère depuis quelques années l’établissement Bistro, dont le concept repose sur l’organisation d’événements culturels. Lorsqu’on lui demande si elle n’a jamais regretté sa reconversion radicale, elle répond: «Au cours de ces quatre dernières années, je me suis toujours rendue avec plaisir dans mon local. J’aime en être l’hôtesse, avec tout ce que cela implique, et j’aime la diversité de ma clientèle.»

«J’aime être l’hôtesse de mon établissement»
Stefanie Affolter

Hotel Kleiner Prinz, Huttwil. Banquière, responsable marketing, directrice du tourisme à Hasliberg et aujourd’hui propriétaire de l’hôtel Kleiner Prinz à Huttwil: c’est le parcours de Katrin Nägeli, qui, à 47 ans, a voulu se relancer et a terminé les G1, G2 et G3. Elle a cherché conseil auprès de spécialistes – «nous ne voulions pas nous lancer les yeux fermés» – et a osé l’aventure de l’hôtellerie-restauration en compagnie de son mari et entourée d’une équipe de professionnels. Une décision qui a généré des hauts et des bas. Malgré ses expériences, Katrin reste elle aussi convaincue et fidèle à la branche, «car elle me fascine énormément».

Bistrot Chez Marion, Zurich. Bien qu’elle ait grandi dans la branche, Melanie Kern avait décidé de suivre un autre parcours scolaire et son entrée dans la restauration était loin d’être une évidence. «Pendant mes études en communication, on m’a demandé si cela m’intéressait d’aider en vue de l’ouverture du Chez Marion», se souvient-elle. C’est ce qu’elle a fait, et même davantage: depuis plus de quatre ans, elle est la directrice de cet établissement zurichois. Si on la questionne au

«J’ai grandi dans le domaine de la gastronomie»
Melanie Kern

 sujet de sa formation dans l’hôtellerie-restauration, elle précise s’être rapidement rendu compte qu’une connaissance de base lui faisait défaut. «Etre passionnée ne suffit pas pour réussir.» C’est pourquoi elle a décidé de suivre les formations G1 et G3 de GastroSuisse. Schloss Ueberstorf, Ueberstorf. L’hôtellerie-restauration n’était pas non plus l’objectif de départ de Rosmarie Furer. Le château n’était pas censé devenir un hôtel, mais un projet culturel sur le thème de «L’art de vivre en soi». Il a cependant fallu trouver rapidement une source de financement, «c’est pourquoi nous avons mis l’accent sur l’aspect restauration-hôtellerie», explique R. Furer.

«Un certain savoir-faire est nécessaire»
Rosmarie Furer

Elle a démarré en apprenant sur le tas, mais un savoir professionnel lui manquait. «J’ai alors suivi la formation de chef(fe) d’établissement avec brevet fédéral à GastroSuisse». Malgré la perplexité de certains, qui pensaient qu’un hébergement touristique ne survivrait pas dans un tel endroit, encore moins avec, à sa tête, une personne issue d’un autre milieu professionnel. Schloss Ueberstorf est désormais bien établi. Selon Rosmarie, la plupart des gens oublient que «nous redevenons novices à chaque nouveau départ, car nous ne savons pas encore ce qui nous attend».

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