«Les obstacles à la reconversion sont plutôt faibles»

GastroJournal: Pourquoi la branche attire-t-elle autant de personnes qui désirent changer de profession?
Thomas Fahrni:
Il s’agit certainement d’une combinaison de plusieurs facteurs. De manière générale, la perspective de devenir hôte peut paraître à juste titre très attractive. A cela s’ajoute le fait que tout un chacun a déjà été hôte chez lui et que, par conséquent, il croit en maîtriser les exigences ou du moins les connaître. A mon avis, les obstacles à la reconversion professionnelle dans l’hôtellerie-restauration sont plutôt faibles et l’offre d’établissements est grande. Ceci attire des personnes disposant de peu de qualifications professionnelles spécifiques.

Les personnes issues d’autres secteurs sont généralement perçues de manière critique par les professionnels de la branche. A tort ou à raison?
Il ne s’agit pas d’avoir tort ou raison. En effet, si l’on regarde de plus près, on constate que les bons professionnels sont plutôt ouverts face aux personnes issues d’autres domaines et dont l’établissement a du succès. Les professionnels sans succès se comporteront de manière plus sceptique. Enfin, ceux qui réussissent considèrent que les personnes issues d’autres secteurs et qui échouent dans leur projet d’hôtellerie-restauration nuisent à l’image générale de la branche.

Que conseillez-vous à une personne qui souhaite se réorienter vers l’hôtellerie-restauration?
Qu’elle acquière les compétences nécessaires avant de se lancer dans l’aventure en tant qu’entrepreneur de l’hôtellerie-restauration: le séminaire de base G1 reste la référence en ce qui concerne la qualification. Car cuisiner à la maison pour les amis n’est de loin pas suffisant. Avant de se lancer tête baissée, il faut une bonne idée avec une caractéristique distinctive. Le concept doit être d’actualité et répondre à un besoin de la clientèle. Puis, il faut aussi un concept ainsi qu’un projet commercial. Il faut également être au clair en ce qui concerne les aspects juridiques, ainsi que les exigences légales en matière d’hygiène.

Que peut apprendre un professionnel de la branche d’une personne venant d’un autre milieu et inversement?
Dans le meilleur des cas, énormément. Les personnes issues d’autres secteurs ont souvent des idées et des approches peu conventionnelles. Dans l’autre sens, les professionnels de la branche disposent d’une grande expérience, d’un savoir-faire et d’un large réseau.

Pour les personnes en voie de reconversion, quels concepts fonctionnent le mieux et avec lesquels échouent-ils en général?
Peu importe qu’il s’agisse de personnes issues de la branche ou non. Il faut surtout une bonne idée avec une caractéristique qui la rende unique, suffisamment de fonds propres, une réelle motivation et la volonté de bien faire. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive.

Au vu de la législation assouplie, dans quelle mesure, selon vous, le nombre de personnes se réorientant dans les branches de l’hôtellerie-restauration va-t-il encore augmenter?
Si les prescriptions d’examen sont assouplies, il est à craindre que le nombre augmente. Ce serait plutôt une mauvaise chose, dans la mesure où nos exigences correspondent à la qualification minimale de l’entrepreneur qui est nécessaire pour protéger les consommateurs et les collaborateurs. Consommateurs et collaborateurs doivent être protégés du manque de compétence, en faveur de la qualité. Par ailleurs, le nombre d’entrées et de sorties du marché dépend fortement de la conjoncture. Nous représentons en effet une branche particulière; même après la énième fermeture d’un local, il y aura toujours quelqu’un qui pensera pouvoir faire

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