Les priorités du nouveau directeur

GastroJournal: Le «tour du propriétaire» effectué depuis votre entrée en fonction vous a probablement permis de cibler des priorités. Quelles sont-elles?
Yann Künzi: Concernant le vin, après la grêle de 2013 et les petites récoltes 2014 et 2015, Neuchâtel a perdu des parts de marché importantes au niveau national. Il s’agit de les récupérer au plus vite. L’Œil-de-perdrix est notre meilleur ambassadeur, nous devons le soutenir. Une campagne publicitaire d’envergure est prévue en juin. Elle mettra en avant la paternité affirmée de l’Œil-de-perdrix de Neuchâtel. Autres priorités: n’oublier personne, ne pas se focaliser sur un marché. Les structures des entreprises sont très différentes, les attentes multiples. Quant aux produits du terroir, la phase est à la certification. Plus de 50 demandes ont été émises pour des produits visant le label «Neuchâtel Vins et Terroir».

Le niveau qualitatif des vins de Neuchâtel ne cesse de s’élever. Ils s’illustrent dans les concours, séduisent les professionnels et les œnophiles. Cette notoriété induit-elle chez les Neuchâtelois le réflexe de privilégier les crus régionaux?
Il ne faut pas se voiler la face. Consommer d’abord neuchâtelois n’est pas encore un réflexe. Cependant, n’oublions pas que, historiquement, les Montagnes neuchâteloises, à défaut d’avoir des vignes, ont été le berceau florissant du négoce de vins en Suisse. Cette réalité a influencé une consommation orientée vers la France. Ces habitudes ont tendance à s’effacer. Le consommateur prend conscience des bienfaits de l’achat régional sur l’emploi, l’écologie et la santé.

Comment envisagez-vous de susciter l’envie de déboucher des flacons estampillés «Neuchâtel»?
La réponse tient en trois mots: ­présence, formation, collaboration.

«Consommer d’abord neuchâtelois n’est pas encore un réflexe»

Présence dans les événements et dans les manifestations.Formation pour la gastronomie et établissement d’une Charte «Neuchâtel Vins et Terroir» favorisant la vente de produits locaux. Enfin, collaboration avec GastroNeuchâtel, mais aussi avec les organisateurs de ­manifestations sportives, culturelles et commerciales.

Vous allez vivre vos premières caves ­ouvertes de l’autre côté du décor. Votre expérience personnelle vous incite-t-elle à apporter des retouches à cet événement phare?
Le rôle de Neuchâtel Vins et Terroir est d’organiser la logistique et la communication de cet événement devenu incontournable. Pour le reste, c’est aux encaveurs de se montrer originaux et novateurs. Ils le font d’ailleurs très bien. De manière générale, j’ai toujours pensé qu’il fallait s’attaquer en priorité à ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est vraiment pas le cas des caves ouvertes! Les 35 caves partenaires sont prêtes et impatientes d’accueillir le public les 5 et 6 mai prochains. 

Aktuelle News