Tenir les prix par les rênes

Hans Altherr a été conseiller aux Etats, de 2004 à 2015, pour le demi-canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures. Sa lutte contre les prix à l’importation surfaits a abouti à une initiative parlementaire, qui a été traitée la semaine dernière sur le bout des lèvres par la commission ad hoc du Conseil des Etats. L’ancien conseiller aux Etats demande aux membres de GastroSuisse de signer l’initiative «Stop à l’îlot de cherté – pour des prix équitables».

GastroJournal: Le 9 janvier, la commission ad hoc du Conseil des Etats traitait l’initiative parlementaire que vous avez lancée sur les «Prix à l’importation surfaits. Supprimer l’obligation de s’approvisionner en Suisse». Pourquoi s’est-il écoulé tant de temps depuis la première approbation?
Hans Altherr: La demande a si bonne presse qu’on ne peut, pour ainsi dire, pas être contre. Ceux qui, malgré tout, sont sceptiques, quelles que soient leurs raisons, font office de frein. Ils évitent de prendre position.

Comment jugez-vous les décisions les plus récentes de la commission? Peut-on être pour des prix d’importation surfaits?
Non. Mais on pourrait dire qu’il s’agit de nouveau d’une réglementation et que celle-ci ne servirait à rien ou presque rien car elle n’est pas applicable dans la pratique. Mais parce que ce n’est pas évident de dire cela, bien que les objections soient réfutées, on repousse. Mais ces arguments ne tiennent pas. Et le fait qu’il existe un règlement similaire en Allemagne, depuis des décennies, en est la preuve.

«Il existe un règlement similaire en Allemagne depuis des décennies»

Comment l’Initiative pour des prix équitables peut-elle contribuer au succès de l’Initiative parlementaire contre les prix à l’importation surfaits?
Le contenu des deux demandes est pratiquement identique. Toutefois, l’initiative populaire fait pression sur les commissions compétentes au niveau fédéral et sur le Parlement en entier. Idéalement, elle pourrait avoir pour conséquence que les Chambres décident une modification de la Loi sur les cartels. Cela rendrait alors l’initiative parlementaire superflue et il faudrait la retirer.

«L’initaitve populaire pourrait faire changer la Loi sur les cartels»

Qu’est-ce que cela apporte concrètement au restaurateur-hôtelier?
L’initiative parlementaire renforcerait principalement le pouvoir de négociation face aux importateurs et aux entreprises qui exigent, sans justification, pour le même produit des prix plus bas à l’étranger qu’en Suisse. Elles tirent donc parti de leur forte position sur le marché.On pourrait en effet les obliger, par le biais d’une plainte, à renoncer à cette pratique et à fixer des prixréalistes au marché suisse. Les entreprises touristiques, de montagnes et en particulier limitrophes ont déjà assez de problèmes avec les salaires et les loyers plus élevés en Suisse. Si, comme c’est le cas aujourd’hui, elles doivent payer des prix beaucoup plus élevés, pour les boissons, la vaisselle ou les matières consommables, que la concurrence à l’étranger, cette initiative aiderait sûrement.

«Les entreprises touristiques ont déjà assez de problèmes»

Que conseillez-vous en tant qu’entrepreneur PME à d’autres entreprises, si elles étaient confrontées demain avec des majorations suisse excessives?
Les moyens juridiques avec perspective de succès sont, sauf rares exceptions, pratiquement inexistants. Concernant les autres possibilités, je ne peux dire qu’une chose: Si vous essayez d’acheter directement à l’étranger, vous rendez la situation transparente. Parlez-en à vos clientes et clients et récoltez des signatures pour l’initiative sur les prix équitables!

www.prix-equitables.ch

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