Toujours le même succès!

Fort d’un succès qui ne s’était jamais démenti, Arvinis vivait en quelque sorte sur un nuage dans les vieilles halles CFF de Morges, prenant chaque année un peu plus de bouteille! Mais les plus belles histoires ont une fin et la démolition plusieurs fois annoncée de la vétuste infrastructure d’exposition en a sonné le glas. Dans l’impossibilité de trouver un espace approprié dans la région morgienne, la présidente Nadège Fehlmann et son équipe ont été contraints de délocaliser la manifestation. Un pari risqué, mais obligé. Les exposants allaient-ils suivre? Question d’autant plus pertinente que sur ces entrefaites a été porté sur les fonts baptismaux un nouveau salon des vins – Divinum – qui s’est déroulé trois semaines avant Arvinis au Parc des sports à … Morges! L’organisateur du Tour de Romandie cycliste Richard Chassot n’a pas eu froid aux yeux ni peur du défi en s’attaquant à un poids lourd alors qu’il n’était, dans ce domaine, qu’un «rookie». En drainant plus de 15 000 visiteurs pour sa première édition, Divinum s’est profilé comme un concurrent sérieux ou à tout le moins «gênant».

Mais ce n’est pas à un vieux singe que l’on apprend à faire la grimace. En déménageant à Montreux, le clan Fehlmann savait qu’il devait mettre un maximum d’atouts de son côté. Ce qu’il a fait en mettant le paquet dans l’organisation avec plus de 200 exposants dont 42 nouveaux, avec plus de 5000 vins présentés en provenance de 34 pays. Le déplacement du salon vers l’Est a permis de compenser la perte de quelques irré ductibles exposants de La Côte, peu enclins aux pérégrinations, avec l’apport de vignerons du Chablais vaudois et surtout du Valais. Quoi qu’il en soit, 95% des exposants sont restés fidèles à Arvinis en dépit de son déménagement. Parmi les nouveaux exposants, on notait également la présence de producteurs de Suisse alémanique, dont ceux de la région de Schaffhouse.

Du côté de l’hôte d’honneur, Arvinis n’a pas pris de risque et n’a pas donné dans l’exotisme, convoquant, avec le Piémont, un poids lourd de la viticulture mondiale. Une région présente en force au 2m2c de Montreux, sous la houlette de l’omnipotent «Consortium I Vini del Piemonte». Avec leur stand aux ­allures d’arc de triomphe, les vins du Piémont ont fait un tabac sur les 60 m2 qui leur avaient été alloués. Avec ces véritables locomotives que sont le barolo et le barbaresco, nés du neb­biolo, cépage-roi dans l’ancienne possession de la maison de Savoie, le Piémont est venu rappeler au public qu’il produisait des vins d’une «virilité exempte de tout compromis», pour reprendre l’expression du regretté Alexis Lichine. Pas moins d’une trentaine de producteurs sur les 170 que compte le Consortium étaient présents sur la riviera vaudoise. L’occasion a été belle pour le public de déguster des vins prestigieux, mais aussi de découvrir ou de redécouvrir des vins blancs moins connus comme le Gavi (à base de cortese) ou encore des vins rouges financièrement plus abordables comme le barbera ou le dolcetto. Bref, le Piémont a frappé une fois de plus un grand coup et apporté une caution de choix à Arvinis.

Quant à l’animation, elle n’a pas été en reste. Les ateliers didactiques ont une fois de plus donné du relief à la manifestation. Qu’il s’agisse du champagne et des autres vins effervescents, de la vente aux enchères de vins, de l’accord de la truffe suisse et des vins, du mariage sushis et vins ou encore du chasselas, grand cépage lémanique, les thèmes proposés étaient des plus alléchants. De son côté, le concours de dégustation Arvinis a réuni cette année six vins différents (chardonnay de Neuchâtel, chasselas du canton de Vaud, sauvignon blanc de Genève, merlot blanc du Tessin, petite arvine du Valais et riesling-­sylvaner de Suisse alémanique). Des concours de dégustation avec des cépages rouges étaient également inscrits au programme.

Peut-être un peu perdus sur les 5600 m2 du Centre de congrès de Montreux, les exposants se sont rapidement rendu compte qu’ils n’étaient pas perdants. Le surcroît d’espace (2000 m2 de plus qu’à Morges) a favorisé à la fois la circulation des personnes et leur confort, élément non négligeable lorsqu’on s’adresse à une clientèle exigeante comme le sont les visiteurs d’un salon tel qu’Arvinis. De l’avis des organisateurs, ce dernier a pleinement réussi son examen montreusien. Le rendez-vous est pris pour la 23e édition, qui aura lieu du 25 au 30 avril 2018.

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