Une carte à jouer pour la Suisse

Si la Suisse est le pays qui compte le plus grand nombre de restaurants étoilés par habitant en Europe, elle n’est pas pour autant perçue comme une destination gourmande, comme le sont, par exemple, la France et l’Italie. En effet, l’offre gastronomique helvétique n’est pas l’élément d’attraction principal des voyageurs souhaitant visiter le pays, c’est un fait. C’est dans ce contexte que l’Observatoire valaisan du tourisme (OVT) a réalisé une étude sur le sujet du tourisme et de la gastronomie. Une analyse qui ne révèle pas de grands fondamentaux mais qui résume bien une tendance sous toutes ses formes.

Il faut dire que le paradoxe est grand: même si la Suisse n’est pas réputée gourmande, déguster ses spécialités et visiter ses grands restaurants sont deux des activités non-sportives préférées des voyageurs en visite sur notre territoire. Et, aujourd’hui, le tourisme culinaire attire du monde. Ainsi, 20% des touristes anglais estiment prendre part à un voyage dont la destination est sélectionnée par rapport à son art culinaire.

En bref, le tourisme gourmand intéresse beaucoup. Les jeunes, les milléniaux (qui ont entre 20 et 35 ans), sont très concernés par le tourisme gastronomique. Ce qu’ils recherchent, ce sont des expériences authentiques et des plats frais, souvent sains, composés de produits locaux et qu’ils peuvent instantanément partager sur les réseaux sociaux. Parmi les grands intéressés par ce secteur, on compte aussi les géants du web. Expedia et Trip-advisor sont deux des acteurs majeurs du tourisme qui s’intéressent à ce segment. Expedia a, par exemp-le, mis sur pied une cartographie des principales spécialités et produits de tous les pays d’Europe, Suisse y compris, dans l’idée d’inciter ses clients à partir parcourir les différentes régions dans une optique gastronomique. Un signe que tourisme et gastronomie font vendre, car sinon ces géants du web ne s’y seraient pas arrêtés.

Ce qui est intéressant, c’est que les touristes en visite en Suisse associent davantage une activité gourmande avec des zones rurales de notre pays et des petites villes. C’est peut-être pour cela que seules deux de nos régions se démarquent du côté gourmand: Fribourg, avec la fondue et un côté patrimoine qui fait vendre, et le Tessin, qui s’est imposé comme destination gourmet, associant des paysages somptueux à une cuisine de spécialités, presque italienne.

A l’avenir, il faudra probablement aussi compter sur les Grisons comme destination gourmande supplémentaire. En effet, une communication ciblée sur l’art de vivre, y compris l’art culinaire, y a été lancée par la promotion locale. Des packages gourmands ont ainsi été mis sur pied, intégrant dégustation, randonnée ou vélo et nuitées. Un tout nouveau positionnement, imaginé il y a quelques mois.

Plus globalement, la Suisse pourrait s’inspirer aussi de l’Irlande et du sud de l’Australie, qui sont devenues, à grands coups de marketing, des destinations gourmandes internationales.

Ce qu’on peut donc retenir de l’étude de l’OVT, c’est que le tourisme gourmand est tendance et qu’il ne faut pas que la Suisse rate le coche. Mais, pour cela, il faudrait investir et mettre en œuvre une stratégie pour que, demain, la Suisse soit aussi une destination gourmande.

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